Comment l’enfant vit-il avec des parents homosexuel-les?

 

 

Au Québec, 10% de la population est réputée être homosexuelle. Il s’agit de la plus grande minorité du pays. Certains couples/ hommes adoptent un enfant et des couples /femmes donnent naissance a un enfant avec un donneur.. Mais il ne faut pas conclure que tout se passe dans le meilleur des mondes..

 

La famille se cherche

Aujourd’hui, la famille se cherche : nucléaire, recomposée, homo parentale, mono parentale… la famille se décline sous les différents choix de vie opérés par les uns et les autres. La réalité du quotidien d’un enfant échappe de plus en plus souvent à l’image classique du foyer formé par le papa et la maman biologiques.

Même si la famille nucléaire reste un modèle de référence, nul ne peut ignorer que bon nombre d’enfants vivent d’autres modèles familiaux. Parents séparés, parents ayant créé un autre couple, parents du même sexe…

Au-delà d’arguments moralistes, il est fréquent d’entendre les opposants à l’adoption des couples homosexuels mettre en avant l’incertitude qui entoure l’équilibre et le développement psychologique de ces enfants.

Que disent les études?

D’abord, c’est feindre d’oublier l’amour qui entoure ces enfants. Ensuite, c’est ignorer les études scientifiques qui ont déjà été publiées. Ainsi, depuis février 2002, l’Académie de pédiatrie américaine soutient l’adoption par les couples homosexuels en affirmant que «les enfants mis au monde ou adoptés par l’un des membres d’un couple d’individus du même sexe méritent la sécurité qu’apportent deux parents légalement reconnus». Elle s’appuie sur une longue liste d’études prouvant que ces enfants n’ont, dans leur développement personnel, rien à envier à ceux des foyers hétérosexuels.

Par ailleurs, l’homo parentalité ne semble pas constituer, en soi, un facteur de risque pour les enfants” C’est la conclusion d’une thèse soutenue le 10 octobre 1999 à l’université de Bordeaux II, par un pédo psychiatre qui a consacré deux années à étudier la question.

 

 

Connaître son sexe est primordial, pourquoi?

  • Parce connaître son genre permet de construire son identité.
    - ” Je suis un garçon ” ou ” Je suis une fille ” ;
    - mais aussi “Je suis le descendant (ou la descendante) de tels hommes (ou de telles femmes) de mes lignées paternelle et maternelle” ;
    - et ” Plus tard je serai… un homme comme mon père, mon grand-père…, une femme comme ma mère… ”
    Quand on sait qui on est, d’où on vient, on sait ou on va.
  • Si je suis un garçon, je ne suis pas une fille et inversement…
    Cela veut dire que nous avons des limites a respecter, celle la en est une.

Comment s’identifier à un autre corps d’adulte, alors?

Très tôt, l’enfant s’identifie au corps de son père ou de sa mère: ça lui permet de se construire et de se projeter dans le futur.

Pour grandir, les enfants ressentent la sexualité, le désir chez leurs parents et ça les aide. C’est encore plus important pour les enfants adoptés, ou conçus de façon différente .
Aucune famille hétérosexuelle n’est idéale et l’hétérosexualité des parents n’a jamais été, en tant que telle, une garantie de bien-être pour les enfants. Il s’agit seulement que les enfants adoptés aient les mêmes chances (et les mêmes malchances) que ceux qui sont élevés par leurs parents biologiques.

(Encart)

Un couple homosexuel /hommes, parents de 2 petites filles, nous confie:

Comment leur expliquer leur naissance et comment vous faites vous appeler?

A l’heure actuelle, elles sont trop jeunes pour expliquer dans le détail, mais nous projetons de leur dire qu’elles ont été conçues avec amour, et en fonction de leur age, on répondra le mieux possible a leurs questions“.

“Le père et la mère biologiques sont appelles Papa et Maman et les conjoints par leur prénom. Les mères de nos petites filles sont des amies et sont aussi homosexuelles. Nous avons donc une continuité de la relation par rapport a des enfants adoptes”

Et en dehors de la maison, ça se passe comment?

Pour toute socialisation a la crèche ou en maternelle, nous prenons rendez vous avec les responsables et expliquons notre cas, et ça se passe très bien.”

Que disent leurs amies ou amis?

“Pour le moment, du fait de leur jeune age, nous n’avons pas eu a rencontrer des remarques de leurs amies ou amis mais quand viendra le temps, nous saurons trouver les mots avec elles pour s’expliquer.”

Comment voyez vous leur avenir, sur ce sujet la?

Elles devront, c’est sûr, assumer l’homosexualité de leurs parents ; par contre elles ont chacune un père et une mère ce qui leur permet de bien identifier leur filiation, mais aussi de ne pas avoir a entrer dans les détails à l’école, si elles ne le souhaitent pas.

Nous espérons que tout se passera bien, et nous nous sommes posé plus de questions que n’importe quel couple hétérosexuel au moment de faire un enfant ; Les gens, même les plus réticents, changent d’avis en les voyant et en constatant notre superbe entente avec les filles ; Maintenant il est clair que si elles ont un jour des problèmes, on ne nous loupera pas….. !
Les autres, c’est l’enfer?

En France, on estime 30.000 a 50.000 enfants élevés dans une famille homo parentale et il ne faut pas sous estimer leur difficulté a s’affirmer différents.

Marcel Rufo, pédopsychiatre dit dans son dernier ouvrage: l’idée que, l’enfant d’un couple homosexuel, risque de le devenir lui-même est fausse. Sinon, pourquoi des enfants élevés par un père et une mère hétérosexuels deviendraient-ils homosexuels ?

Mais il semblerait que la difficulté ne vienne pas des couples eux mêmes mais du regard de la société qui aime, trop souvent, trouver des coupables, la ou tout simplement la vie de toutes les familles n’est pas un long fleuve tranquille.

Pour aller plus loin:

http://www.apgl.fr Associations des parents Gays et Lesbiens

Fonder une famille homoparentale, Martine Gross et Thomas Gomart, Editions Ramsay

Dis …Mamans de Muriel Douru, editions Gais et Lesbiennes

Deux papas, deux mamans, qu’en pensez? Edwige Antier, Martine Gross, Editions Robert Laffont

Jean a deux mamans, Ophelie Texier,

Chacun cherche un père, de Marcel Rufo, Éditions Anne Carrière,